Un rêve éveillé : l’onsen dans la neige

Hello !

Les premiers bourgeons éclosent depuis quelque temps déjà à Tokyo (vous avez pu en apercevoir le tout début dans cet article) et nous venons d’admirer de beaux pruniers fleuris en ce même jardin Korakuen, près de la station de métro iidabashi (photos à venir), mais le week-end dernier, nous sommes allés chercher l’hiver, et ça en valait la peine.

Petite mise en bouche :

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L’album photo complet ici.

Alors, c’était où ? Dans les montagnes au nord-ouest de Tokyo. C’était quoi ? Des bains d’eau chaude volcanique de part et d’autre d’une rivière nichée dans une petite vallée enneigée. C’était comment ? Le pied !

L’image de la source chaude dans la neige est un classique du tourisme au Japon, c’était donc l’un de nos objectifs lors de cet hiver à l’enneigement record. Et comme ça a l’air vraiment magique, on s’est permis une petite folie : un ryokan aux bains en plein air (rotenburo) parmi les plus grands du pays.

Il s’agit du ryokan Takaragawa Onsen Osenkaku, près de Minakami, station thermale réputée. Dans les montagnes, à trois ou quatre heures de Tokyo en train local avec deux changements (deux fois moins cher que le shinkansen, qui est certes deux à trois fois plus rapide), on arrive donc à la petite gare de Minakami où nous attend le minibus du ryokan qui nous amène à l’auberge. Ne connaissant pas les conditions météo à l’altitude de l’hôtel, j’avais confié à ma compagne mes inquiétudes concernant un éventuel manque d’enneigement. Eh bien, comme le montrent les photos… j’ai rarement eu autant tort de m’inquiéter.

En ce qui concerne l’hébergement, le bâtiment ne paie pas particulièrement de mine au premier coup d’oeil, mais c’est plus tard que la magie opère. Elle commence à se faire ressentir lors de l’installation dans la chambre à tatamis au bord de la rivière.

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Une tempête de neige fait rage au-dehors, mais nous pouvons tranquillement nous reposer un peu dans notre chaud cocon tatamisé en attendant l’heure du repas.

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Nous faisons également un premier tour aux bains (une reconnaissance sans appareils photo, qui sont théoriquement interdits pour éviter les voyeurs, pervers et autres personnes mal intentionnées) et ne sommes pas déçus : des mètres de neige de tous côtés tandis que l’on profite de l’eau chaude, sans avoir à se soucier de la pluie et de la neige qui nous tombent allègrement sur le scalp. D’autant plus que, pour une fois, la plupart des bains sont mixtes ! Les femmes reçoivent une petite « robe de bain » à porter pour éviter de choquer les prudes mâles japonais, mais nous avons pu constater qu’elles ne sont pas totalement obligatoires. Nous, les hommes, n’avons que la petite serviette habituelle.

Je souhaite au passage préciser quelque chose : on lit partout, dans les guides, les commentaires internet, etc, que « dans les onsen, on s’habitue, au final on n’est plus gêné du tout d’être nu, ne vous inquiétez pas, c’est super », etc. Commentaires que je trouve peu propres à rassurer les personnes pudiques qui se disent qu’elles n’arriveront pas, elles, à oublier leur gêne. J’aimerais donc ajouter quelques précisions pour dire que si l’on doit mettre cette crainte de côté, certes, ça ne veut pas dire qu’on l’oublie ! On est à poil, mais les gens sont pudiques, raisonnables et respectueux, Japonais comme touristes. Bains mixtes ou pas, on se tourne donc pour éviter de tout voir et de tout montrer, on utilise sa serviette pour cacher les parties susceptibles de heurter la sensibilité de ses partenaires de trempette, bref, on ne se balade pas fièrement en tenue d’Eve et d’Adam en exposant à tous tous ses attributs. Et une fois dans l’eau, on ne voit rien. Tout ça se fait très naturellement et avec raison, oui on est nus, non on n’a pas besoin d’en faire tout un plat dans un sens ou dans l’autre.

Après cet aparté, je reviens donc à cette expérience magique, qui continue avec le dîner, servi dans une salle à l’atmosphère envoûtante. Nous nous attendions à un restaurant ordinaire et sommes soufflés par l’ambiance ainsi que par le repas lui-même, très copieux, varié (tout y passe, du sashimi au sukiyaki en passant par les tempura et bien sûr la soupe d’ours, spécialité locale), et, le plus important, délicieux.

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C’est après ce repas fin et roboratif que nous décidons de nous armer de nos appareils photo lors d’une nouvelle descente aux bains. Il faut savoir que les bains en question sont ouverts aux visiteurs extérieurs pendant la journée, mais le soir venu, les seuls baigneurs sont les clients de l’auberge. Nous espérons donc être quasiment seuls et pouvoir nous permettre quelques clichés.

Le chemin menant à l’onsen, par un petit pont et un sentier bordé de lanternes dans la nuit et la neige, est déjà un régal pour les yeux, bien que posant des difficultés logistiques : en yukata, passer des « slippers » aux bottes pour marcher dans la neige et s’armer d’un parapluie pour passer dedans, ça devient vite un parcours du combattant. Heureusement, tout est fourni par l’auberge, et ces détails ne font qu’accroître l’impatience à l’idée de se plonger dans l’un des trois rotenburo (plus un quatrième exclusivement féminin).

Le bâtiment principal du ryokan : un petit air de Voyage de Chihiro

Le bâtiment principal du ryokan : un petit air de Voyage de Chihiro

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Après tout ça, les bains sont donc un véritable délice, d’autant plus qu’ils sont, comme nous l’espérions, quasiment déserts. Quasiment seulement, je n’ai donc pu m’autoriser que quelques photos volées rapidement, clichés pour lesquels je pense pouvoir dire que j’ai risqué ma vie (enfin surtout celle de mon appareil).

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Autoportrait de qualité.

Autoportrait de qualité.

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Ce bain est l’un des plus grands et le plus agréable à notre goût, mais voici quelques photos de l’ensemble, sur lesquelles on peut en apercevoir d’autres, et la rivière coulant au milieu. Le lieu est vraiment incroyable.

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Nous barbotons donc à qui mieux mieux, nous sommes au paradis. Nous nous permettons même quelques brasses (ce qui est bien sûr totalement interdit, malpoli, etc, mais il n’y avait personne…). Le lendemain, nous avons également profité des bains intérieurs qui sont aussi très agréables, même si évidemment moins impressionnants. Le bain intérieur masculin est disposé de manière à ce qu’on puisse se tremper tout en voyant la rivière couler par une grande baie vitrée…

Nous sommes aussi bien sûr rapidement retournés aux bains extérieurs pour leur dire au revoir avant de retourner à la morne civilisation.

Toujours dans le blizzard !

Toujours dans le blizzard !

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Sur le chemin des bains sont disposés des exemples assez impressionnants d'artisanat local.

Sur le chemin des bains sont disposés des exemples assez impressionnants d’artisanat local.

En un mot : extraordinaire. Ou « incroyable » ? On encore juste « génial » ?

Une expérience un peu onéreuse (très raisonnablement), et à réserver à l’avance, que je conseille à tout voyageur au Japon, en particulier entre décembre (peut-être plutôt janvier ?) et mars environ ! Les bains doivent être également très agréables sous les couleurs de l’automne ou du printemps.

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3 réflexions sur “Un rêve éveillé : l’onsen dans la neige

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